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Fiche spectacle

CYRIL MOKAIESH

CYRIL MOKAIESH

mercredi 25 mars 2020 à 20h30
Pop Rock
LE REX
15, Avenue Honoré Serres
TOULOUSE
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Tarif : 20€ Réservez vos places

« Retour à l’origine / Au champ de mes racines »… Le refrain de L’Origine, la première chanson de Paris-Beyrouth, le nouvel album de Cyril Mokaiesh, est d’une limpidité biblique. Il est retourné là d’où il vient ; et ce n’est pas simple.


Ce lieu, c’est un « Mariage de sable et de sang chaud hispanique / De miel et d’épices, sa peau magnétique », comme il l’écrit dans la chanson Beyrouth, entrelac de cordes orientales et d’électro. Une ville aussi attirante qu’effrayante, symbole écrasant et réalité étourdissante : « Beyrouth, Beyrouth, me perdre dans tes pensées / Beyrouth, Beyrouth, un cèdre, le monde entier ».


Aller à Beyrouth était pour Cyril Mokaiesh se retrouver autant que découvrir, renouer des fils autant que tisser de nouveaux liens. La ville est à la fois le berceau de sa famille et une terra incognita : nom de Mokaiesh est transposition phonétique de Mokhaiesh ou Mokhayeche mais Cyril est né à Paris (d’une père libanais et d’une mère française) une dizaine d’années après l’arrivée de la famille, qui a quitté le Liban à cause de l’interminable cycle de guerres qui ont ravagé le pays.


Il n’a découvert qu’à la fin de l’enfance la maison où ont grandi avant lui six générations, au cœur du quartier populaire de Zokak el-Blat. Avec sa carrière de tennisman puis son virage vers la musique,il n’a guère pris le temps de s’arrêter dans cette ville des origines où il ne va que de loin en loin. Les odeurs, les plages, les goûts tiennent plus d’un univers de vacances que d’un point d’ancrage.


C’est alors qu’arrive la fin de la longue tournée partagée avec Bernard Lavilliers, qui avait chanté avec lui La Loi du marché, sur l’album Clôture, en 2017. « J’étais galvanisé par la tournée mais je ne me voyais pas retourner écrire dans les cafés parisiens que je connais, composer dans mon appartement, reprendre les mêmes habitudes », dit-il. Beyrouth se propose à lui, et pas seulement parce qu’il veut renouer avec sa grand-mère. « L’envie de fouler une terre vierge, me réveiller avec d’autres parfums, d’autres gens. Chercher quelque chose », résume-t-il. Ce quelque chose est un double projet : « Rassembler des artistes et me rassembler, moi qui étais assez éparpillé. »


Il travaille avec Valentin Montu, rencontré pendant l’enregistrement de son premier album solo, Du rouge et des passions, en 2011, puis recroisé régulièrement depuis. Si Montu l’accompagnait à la basse pendant la dernière tournée, c’est un passionné d’électro qui fait passer par ses machines les maquettes guitare-voix de Mokaiesh : « J’ai besoin de musiciens qui m’aident à trouver mon son.

J’ai commencé rock, remplacé les guitares par les violons, puis les claviers avant d’enregistrer Naufragés avec le pianiste Giovanni Mirabassi... De toute façon, je n’ai jamais su si je préférais Léo Ferré à Radiohead, ou The Weeknd à Serge Reggiani. »

 

L’album sera donc électro, mais aussi oriental. Et cet Orient ne sera pas un décor mais une bonne part de sa matière, notamment par des rencontres avec des artistes libanais. « Réunir des gens est une des choses qui me fait le plus plaisir », notet-il en se souvenant par exemple d’une soirée en 2018 pour célébrer Mai 68 à la Maison de la Poésie, à Paris, pour laquelle il avait rassemblé Clara Luciani, Florent Marchet et Rebecca Manzoni de France Inter – la richesse des individualités pour servir un propos d’une ferveur très personnelle. En commençant Paris-Beyrouth, il dispose d’une liste d’artistes à Beyrouth et le tracklist de l’album va faire s’enchainer les chansons dans l’ordre de leur composition – un chemin spirituel, personnel et politique dans lequel le chemin n’apporte pas forcément l’évidence d’une lumière, mais plutôt la certitude que la lumière se déplace avec celui qui chemine…

 

Dans La vie est ailleurs, Bachar Mar-Khalifé fait dialoguer son piano avec les élans de Cyril qui parle de « Réapprendre à voler » et de « chants d’amour migrateurs ». Dans Au nom du père, la comédienne Razane Jammal (vue chez Olivier Assayas, Robert Guédiguian ou dans un court métrage de Kanye West) l’accompagne dans une traversée amoureuse de Beyrouth.

 

C’est aussi dans ce titre qu’on entend le oud entêtant de Ziyad Sahhad, célèbre musicien libanaisdevenu son meilleur porte-parole sur place.

 

Dans La Lueur, il invite la comédienne et rappeuse Sòphia Moüssa, dont le seule-en-scène l’a impressionné en décrivant Beyrouth sans concession – une irruption incandescente de la langue arabe dans l’album.

 

Cyril Mokaiesh voyage de Paris à Beyrouth, et donc d’un patrimoine à l’autre : l’héritage des voix classiques européennes dans Mater Vitæ le souvenir du Cantique des oiseaux persan qui donne son titre à une chanson troublante (« Peut-on faire confiance aux oiseaux ? », demande-t-il)…

 

Le Grand Changement déroule son panoramique sur les tensions du monde mondialisé et des libertés néolibérales – un nouveau grand titre politique. Seulement politique ? Oh non. Une fois de plus, la plume de Cyril Mokaiesh explore le réel par la poésie : « Je ne sais pas bien ce que cela veut dire, « la poésie » – et pourtant, qu’est-ce que j’en ai lu ! Peut-être est-ce mettre de la beauté dans tout ce qui reste. » Ses adieux à sa ville natale, son vertige à Beyrouth, tout est allé très vite – « moins d’un an pour écrire, composer, enregistrer ». Et cette urgence se sent partout, même dans les humeurs parfois contemplatives de l’album. C’est qu’il y a quelque chose de vital dans Paris-Beyrouth. Une histoire d’identité, de vérité, de fidélité, de liberté. Une histoire unique, mais une histoire de ce siècle.

 

Nouvel album le 10 Janvier 2020

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